Trajectoire et ascension à la cour de France
Né à Paris en 1646, Nicolas de Fer est le fils d'Antoine de Fer, lui-même graveur et marchand d'estampes. Il commence son apprentissage dès l'âge de 12 ans auprès du graveur Louis Spirinx. Après avoir repris la boutique familiale située sur le quai de l'Horloge à l'enseigne de « La Sphère Royale », il accède à une reconnaissance officielle majeure. Il devient successivement Géographe du Roi, Géographe de Monseigneur le Dauphin, puis Géographe des rois d'Espagne. Il exerce son activité jusqu'à sa mort survenue à Paris le 25 octobre 1720.
Une production cartographique monumentale
L'œuvre de Nicolas de Fer se distingue par sa quantité impressionnante, avec plus de 600 cartes individuelles et de nombreux atlas. Parmi ses publications les plus célèbres figurent l' Atlas Royal (publié à partir de 1695) et Les Forces de l'Europe (1696), un recueil de plans de villes fortifiées par Vauban. Il est également l'auteur de cartes murales de très grandes dimensions, dont un célèbre planisphère et des cartes détaillées des Amériques. Ses travaux sur le Mississippi et la représentation de la Californie comme une île ont marqué l'iconographie géographique de l'époque.
Le style De Fer : entre décoration et actualité
Plus qu'un géographe de terrain, Nicolas de Fer était un compilateur de génie et un excellent éditeur. Ses cartes sont réputées pour leur aspect décoratif exceptionnel, ornées de cartouches élaborés, de blasons et de scènes illustrant les mœurs des pays représentés. Bien qu'il ait parfois été critiqué pour privilégier l'ornementation sur la précision pure, il s'efforçait d'intégrer les dernières découvertes de l'Académie royale des sciences. Son style visait à flatter le pouvoir royal en documentant les frontières mouvantes et les victoires militaires de Louis XIV.
Héritage et pérennité de l'enseigne
À son décès en 1720, ses trois gendres, dont Guillaume Danet et Jacques-François Besnard, reprennent l'exploitation de son fonds de commerce. Nicolas de Fer a réussi à rendre la cartographie de luxe accessible à un public plus large que celui des seuls savants. Aujourd'hui, ses œuvres sont particulièrement recherchées par les collectionneurs pour leur finesse de gravure et leur valeur de témoignage sur la vision du monde au Grand Siècle. Son enseigne « La Sphère Royale » est restée un symbole de l'excellence de l'édition cartographique parisienne.