Qui était Nicolas Tindal ?
Né à Plymouth en 1688 et mort à Greenwich le 27 juin 1774, Nicolas Tindal (ou Nicholas Tindal) est un homme de lettres, érudit et chapelain de la Royal Navy britannique, rattaché à la fin de sa vie au prestigieux hôpital naval de Greenwich (Greenwich Hospital).
Issu d'une famille d'intellectuels et de juristes anglais, diplômé d'Oxford, Tindal mène une carrière d'ecclésiastique et d'historien. Dans le milieu de la cartographie ancienne et de la gravure, son nom reste indissociable de la monumentale entreprise éditoriale qu'il a dirigée à Londres à partir des années 1720 : la traduction anglaise, la continuation et l'illustration graphique de l’Histoire d'Angleterre du Français Paul de Rapin de Thoyras.
Le corpus cartographique de l'« Histoire d'Angleterre »
L'illustration de l'histoire de Rapin de Thoyras
L'historien huguenot Paul de Rapin de Thoyras avait publié son texte initial en français sans appareil cartographique majeur. Nicolas Tindal entreprend non seulement de traduire le texte en anglais (The History of England), mais décide de lui adjoindre une suite (Continuation) et, surtout, un vaste recueil de cartes géographiques, plans militaires et profils urbains.
Publiées d'abord sous forme de fascicules illustrés vendus par souscription, puis rassemblées dans de grands volumes in-folio édités par les frères James, John et Paul Knapton entre les années 1740 et 1750, ces planches ont constitué l'un des ensembles cartographiques les plus diffusés du XVIIIe siècle britannique.
Les cartes et plans majeurs du recueil
L'appareil cartographique supervisé par Nicolas Tindal se compose de plusieurs catégories de planches :
- Cartes historiques et régionales : cartes des îles Britanniques sous les règnes successifs (l'Angleterre saxonne, romaine ou médiévale), cartes de l'Empire germanique, des Pays-Bas espagnols et des provinces françaises.
- Plans de sièges et de batailles : relevés topographiques et tactiques extrêmement détaillés des grandes batailles de la guerre de Succession d'Espagne (Blenheim, Ramillies, Malplaquet) et des campagnes menées par le duc de Marlborough.
- Vues et plans de villes fortifiées : plans d'ingénierie et profils panoramiques des citadelles européennes (Dunkerque, Tournai, Namur, Lille, Gibraltar).
Collaborations artistiques et caractéristiques stylistiques
La collaboration avec les maîtres de la gravure
Pour assurer l'exécution des cuivres, Tindal s'est entouré des cartographes et graveurs les plus éminents de Londres :
- Richard William Seale : cartographe et graveur réputé, auteur de nombreuses cartes de comtés et de planches régionales ornant l'ouvrage.
- John Basire : graveur de premier plan qui a exécuté une part importante des cartes historiques et des plans d'architecture militaire.
L'esthétique de la gravure georgienne
Les planches publiées sous la direction de Tindal sont immédiatement reconnaissables à leurs attributs graphiques :
- Cartouches d'armes et d'allégories : encadrements de titres gravés à l'eau-forte et au burin, agrémentés de trophées militaires, de drapeaux, de canons, de mortiers et d'armoiries de la noblesse commanditaire.
- Typographie soignée : lettrages clairs, toponymie gravée avec une grande lisibilité et présence de longues tables de renvois chiffrées explicitant les mouvements de troupes ou les édifices clés des villes assiégées.
- Précision topographique : représentation minutieuse des retranchements, lignes de circonvallation, bastions selon les principes de Vauban et de Coehoorn, et figuré précis des reliefs par hachures.