Qui était Charles Picquet ?
Né en 1771 et mort en 1827, Charles Picquet est une figure incontournable du commerce et de l'édition cartographique à Paris entre la Révolution française et la fin de la Restauration.
D'abord associé à l'ingénieur et cartographe Pierre-Gilles Chanlaire, il fonde un établissement spécialisé qui s'impose rapidement comme une référence pour les institutions de l'État, les militaires et les voyageurs lettrés. Installé notamment quai Conti puis quai Voltaire, Picquet cumule les métiers d'éditeur de cartes, de marchand d'estampes, d'ingénieur-géographe et de relieur-monteur de cartes murales entoilées.
Sous la Restauration, sa réputation de précision lui vaut les distinctions officielles de géographe ordinaire du Roi (Louis XVIII puis Charles X) et de géographe de Son Altesse Royale le duc d'Orléans (futur Louis-Philippe).
L'œuvre cartographique et les publications majeures
L'association avec Pierre-Gilles Chanlaire
Au tournant du XIXe siècle, Picquet collabore étroitement avec Pierre-Gilles Chanlaire sur de grands projets éditoriaux novateurs :
- L'Atlas national de France : mise à jour et commercialisation des planches départementales gravées selon le nouveau découpage républicain issu de la Révolution.
- La Carte générale des routes de poste de l'Empire Français : publication régulière de grandes cartes routières officielles destinées à l'administration impériale et aux courriers d'État, rééditées sous la Restauration pour le réseau des postes royales.
Les atlas et grandes cartes murales
En tant qu'éditeur indépendant, Charles Picquet publie des instruments d'étude et des œuvres géographiques de grande taille :
- L'Atlas géographique universel (paru sous diverses déclinaisons sous l'Empire et la Restauration) : recueil de cartes in-folio régulièrement actualisées selon les traités de paix et les nouvelles frontières européennes.
- Plans de Paris et cartes des environs : publication de cartes topographiques détaillées de la capitale et de l'Île-de-France, souvent gravées sur plusieurs feuilles assemblées.
- Cartes murales pliantes et entoilées : son atelier était réputé pour le montage soigné des cartes sur toile de lin, découpées en sections et repliées dans des étuis cartonnés maroquinés, très recherchées par les officiers d'état-major.
Caractéristiques stylistiques et succession de l'atelier
La rigueur technique du XIXe siècle naissant
Les cartes éditées ou dressées par Charles Picquet se distinguent par des normes graphiques strictes :
- Précision typographique : recours aux graveurs en lettres et en taille-douce les plus habiles de Paris, offrant une lisibilité parfaite des voies de communication, relais de poste, canaux et cours d'eau.
- Méridien de Paris : adoption systématique des coordonnées calculées à partir de l'Observatoire de Paris et mention des échelles en lieues de poste, myriamètres et kilomètres naissants.
- Esthétique sobre : titrages soignés à la typographie droite ou cursive anglaise, sans fioritures baroques, avec des contours territoriaux rehaussés à la main à l'aquarelle fine.
La continuité par Pierre-Jacques Picquet
Après la disparition de Charles Picquet en 1827, son fils Pierre-Jacques Picquet (1800-1882) reprend la direction de l'établissement du quai Voltaire. Il poursuit l'activité d'édition et de vente de cartes géographiques, maintenant la tradition familiale jusque sous le Second Empire.