Collection: Cartes anciennes d'Edme Mentelle

Géographe et historien de renom, Edme Mentelle a traversé les époques de la monarchie à l'Empire en laissant une empreinte majeure sur l'enseignement de la géographie en France. Une présentation détaillée est proposée en bas de page.

3 produits

Professeur à l'École royale militaire

Né à Paris le 11 octobre 1730, Edme Mentelle étudie d’abord au collège de Beauvais sous la direction de Jean-Baptiste-Louis Crevier. Après un passage par l’administration des fermes générales et quelques tentatives littéraires, il se consacre à l'étude de la géographie. Dès 1758, il publie ses Éléments de géographie.

En 1760, il est nommé professeur de géographie et d’histoire à l’École royale militaire, poste qu’il occupe jusqu'en 1792. Durant cette période, il a notamment pour élève le jeune Napoléon Bonaparte. Membre de l'Académie de Rouen dès 1768, il porte également le titre d'historiographe du comte d'Artois et exerce la fonction de censeur royal.

Le globe pour le Dauphin et innovations cartographiques

En 1786, Edme Mentelle réalise, avec Jean Tobie Mercklein, un chef-d'œuvre de précision pour l'éducation du fils aîné de Louis XVI : un globe composite ou « gigogne » de 1,30 m de diamètre. Ce globe unique présente une face externe terrestre, une face interne céleste et, à l'intérieur, une boule figurant les fonds marins et les reliefs continentaux selon les données de la marine.

Son œuvre écrite est considérable et comprend :

  • L'Atlas universel (1779), composé de 170 cartes.
  • La Géographie comparée (1778).
  • Le Cours complet de cosmographie, de chronologie, de géographie et d'histoire (1801).
  • Les volumes de la Géographie ancienne pour l'Encyclopédie méthodique.
  • La Map of the West Indies (1795), en collaboration avec Pierre-Gilles Chanlaire.

Un témoin engagé de la Révolution

Partisan des idées nouvelles, Mentelle est étroitement lié à Jacques Pierre Brissot et à Madame Roland. Pendant la Terreur, il reste fidèle à ses amis, rendant visite à Brissot en prison et recevant le manuscrit des Mémoires de Madame Roland sous le nom de code « Jany ».

Il poursuit sa carrière sous la République et l'Empire, enseignant aux Écoles centrales et à l'École normale. Élu membre de l'Institut national des sciences et des arts en 1795, il participe à sa fondation. Chevalier de la Légion d'honneur en 1814, il s'éteint à Paris le 28 ou 29 décembre 1815 (certaines sources citent avril 1816) et repose au cimetière du Père-Lachaise.