Une stratégie éditoriale fondée sur la collaboration
Né en 1657, Jean-Baptiste Nolin se distingue par un sens aigu des affaires. Plutôt que de produire des œuvres entièrement originales, il fonde son succès sur des relations commerciales et scientifiques avec des figures majeures de la cartographie. Il collabore étroitement avec le vénitien Vincenzo Coronelli, ainsi qu'avec Jean-Dominique Cassini et le géographe Jean-Nicolas du Trallage, Sieur de Tillemont. Ses cartes sont particulièrement reconnues pour leur "élan esthétique", mêlant les codes baroques et rococo italiens à une grande précision technique. Son fils, également nommé Jean-Baptiste Nolin (1686-1762), reprendra l'atelier et continuera de publier ses planches.
Entre prestige et controverses
Nolin a souvent utilisé des titres prestigieux pour promouvoir son travail, se présentant parfois comme « Graveur du Roi » ou « Géographe du duc d'Orléans », des nominations qu'il ne possédait pas officiellement selon certaines sources. Sa carrière est également marquée par un revers judiciaire majeur : en 1705, il perd un procès pour contrefaçon intenté par Guillaume Delisle. Ce litige, portant sur l'utilisation non autorisée de travaux de Delisle, a durablement affecté sa crédibilité scientifique. Malgré cela, sa production est restée extrêmement populaire auprès des collectionneurs pour la qualité de sa gravure.
Œuvres notables et géographie régionale
Parmi les réalisations significatives de l'atelier Nolin, on trouve de grandes cartes murales comme la "Wall Map of Asia" (1749) ou des travaux sur l'Asie du Sud-Est et la Chine. Il a également publié des cartes thématiques et régionales, telles que la "Map of the Caribbean" (1688) réalisée avec Coronelli, ou encore des cartes représentant le Nouveau-Mexique et la "Peñalosa Geography". Son catalogue comprend aussi le "Théâtre de la Guerre en Europe" et diverses cartes des diocèses de France, témoignant de la diversité de ses publications géographiques.