Un humaniste aux multiples facettes en Périgord
Jean Tarde, né en 1561 ou 1562 à La Roque-Gageac et mort en 1636, a mené une carrière ecclésiastique et scientifique remarquable. Docteur en droit de l'université de Cahors, il devient chanoine théologal et pénitencier de la cathédrale de Sarlat. Lors de ses voyages à Rome, il rencontre Galilée en 1614, qui lui offre l'une de ses premières lunettes astronomiques. Cette rencontre influence profondément ses travaux, le conduisant à observer les taches solaires et à publier des ouvrages d'astronomie tels que "Les Astres de Borbon" en 1620, où il dédie ses découvertes au roi Louis XIII.
L'excellence cartographique et la description du diocèse
En tant que géographe ordinaire du roi, Jean Tarde a réalisé des travaux cartographiques d'une grande précision pour son temps. Sa réalisation la plus célèbre est la carte du diocèse de Sarlat, intitulée "Sarlatensis Dioecesis", gravée par Jean de la Haize. Cette carte, intégrée plus tard dans les atlas de Jean Boisseau et de Nicolas Sanson, se distingue par la richesse de ses détails topographiques. Il est également l'auteur d'une carte du diocèse de Périgueux, contribuant ainsi de manière décisive à la connaissance géographique de la province de Guyenne.
Un historien et chroniqueur de son temps
Au-delà de ses cartes, Jean Tarde a laissé un héritage écrit précieux pour l'histoire régionale. Son ouvrage "Les Chroniques de Jean Tarde", achevé vers 1624, constitue une source majeure sur l'histoire du diocèse de Sarlat, couvrant une période allant des origines jusqu'au règne de Louis XIII. Il y relate notamment les ravages des guerres de religion en Périgord. Son approche, mêlant observations scientifiques, relevés géographiques et recherches historiques, fait de lui l'un des plus grands érudits français de la Renaissance tardive.